
Martine : rouge !
Des drôles d’oiseaux, y’en a quelques-uns sur le Faubourg, mais y’en a pas beaucoup d’aussi jolis ! Martine, avec son look de pin-up et ses cheveux rouges, est tout aussi spectaculaire qu’intéressante. D’origine hollandaise, petite-fille et arrièrepetite-fille de sculpteurs pour la famille royale de Belgique, cette Parisienne pur sucre est née dans le 11e il y a un peu plus de cinquante ans, le jour d’Halloween, bien sûr... Fille unique, elle passe une enfance solitaire et souffre de trop peu de liberté. Mais l’ennui est une source de créativité, et c’est très vite qu’elle découvre sa vocation d’artiste peintre. Précoce, elle peint sa première toile à l’huile à l’âge de sept ans. Son adolescence est difficile, elle souffre de tendances suicidaires, qui désormais ne la quitteront plus. Elle se réfugie alors dans l’art et la littérature, qui deviennent un véritable soutien. « Goya et Baudelaire m’ont sauvée du suicide adolescent... » Naturellement, elle intègre les Beaux-arts de Paris, où elle acquiert un peu plus de technique, un goût encore plus prononcé pour la liberté, ainsi qu’une préférence pour les grands formats et le vin rouge. Sa peinture est particulièrement impressionnante : expressionniste, psychotique et sexuée, selon ses propres termes, et d’une noirceur qui fait immédiatement penser aux histoires fantastiques de Lovecraft, et aux “Contes d’Hoffmann”. C’est un travail gothique et torturé, rempli de sang et de monstres, de quartiers de viande, à l’instar de Goya, Soutine, et Bacon... Son art, à la fois métier et thérapie, est comme la régurgitation de la souffrance. Martine se définit elle-même comme un “radar-émetteur” capable de détecter et de renvoyer les vibrations humaines, de les traduire en couleurs, comme une aura. Tout est affaire d’ondes... Elle expose régulièrement en Hollande et à Paris à la galerie Accatone. Mais n’étant pas la mieux placée pour vanter son travail, et manquant de relations, elle est actuellement à la recherche d’un agent. Elle regrette que le monde soit à ce point mercantile, et que « les mouchoirs, les femmes, l’art et même les âmes soient devenus jetables ». Elle déplore que le loup soit devenu agneau, que nous soyons devenus des produits, et se désespère du manque de spiritualité. « On aurait pu aller vers le futur en gardant des valeurs humaines. » Elle qui a toujours vécu dans le quartier, critique les trop nombreuses enseignes de grandes marques et tout ce qui va avec, et même si il y a de bons anticorps, il faut maintenant connaître les bonnes rues... Allumée, Martine l’est certainement, mais n’allez pas vous imaginer une espèce de sorcière ou de harpie flippée et hystérique ! Elle est spectaculaire sans égotisme, et excentrique par opposition à tout exhibitionnisme... Elle est souriante et agréable, et même si, à son grand regret, sa sensibilité de radar la limite dans ses contacts, c’est toujours une joie de prendre un verre en sa compagnie ! Vous avez compris, Martine est un Ovni !
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